Didier Daeninck et Bruno Doucey

 

 

 

 

 

 

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Editions Bruno Doucey

 

 

Deux auteurs : Didier Daeninck et Bruno Doucey
Qui l’un et l’autre se sont identifiés à un poète
Eluard pour Didier,
Max Jacob pour Bruno

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Didier Daeninckx
Qui ne le connaît pas ?
Il a écrit soixante ouvrages et des scénarios
Son œuvre met au cœur de ses fictions la thématique sociale, politique, la corruption de ce milieu politique, la lutte contre le racisme et le colonialisme en tout genre, et l’enquête historique.
Profondément humaniste, il défend les plus petits, les oubliés, les malades et dénonce la manière dont on les traite.
Et c’est ce qu’il écrit dans ce texte à travers Eluard qui a défendu les mêmes valeurs et par l’écriture et les actes de son existence a célébré la liberté, le langage comme un moyen de changer l’existence des hommes.

Une trouvaille dans ce roman de Didier : sa narratrice est Denise Glaser (la mythique journaliste de Discorama émission télévisée célèbre des années 70, en avance sur son temps, et qui, par ses silences, souhaitait développer un regard intimiste pour que l'artiste se dévoile lui-même.)

Ce qu’on sait moins d’elle, c’est son passé de résistante qu’on découvre dans la maison des fous, avec la naissance de la psychiatrie institutionnelle portée par Tosquelles, psychiatre catalan et Bonnafé psychiatre dans l’asile de Saint-Alban où Didier a situé son roman. Bouleversant aussi le quotidien des fous dont malgré la menace d’aujourd’hui sur la psychiatrie institutionnelle et les thérapies analytiques et autres (les médications font un retour en force.) on prend la mesure du chemin parcouru dans le regard que nous posons sur ceux qui souffrent d’une maladie mentale et grâce à l’auteur, on n’a plus peur de ce que nous ne connaissons pas (que se passe-t-il en eux ?) on ne détourne plus le regard, on se met à les aimer.

On y est blottis, cachés, nous-aussi, dans cette maison en bonne compagnie.

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Bruno Doucey poète et éditeur
il a dirigé les Éditions Seghers pendant huit ans jusqu'à leur mise en sommeil. Il a fondé, en mai 2010, avec sa compagne Murielle Szac, sa propre maison d'édition, les Éditions Bruno Doucey, qui ont déjà publié plus de quatre-vingt titres. Il est l’auteur d’une œuvre poétique et romanesque.

Bruno, lui, nous fait entrer dans l’œuvre et la personnalité complexe de Max Jacob ; poète surréaliste et romancier français de la première moitié du XXᵉ siècle. Malicieux, désespéré dans un va- et- vient entre tentative de sainteté et tentations charnelles, avec son désir de peinture et son œuvre poétique, il est l’ami de Picasso, d’Apollinaire, de Jean Moulin, de Jean Cocteau, et de tant d’autres… » De Quimper à Paris, en passant par Saint- Benoît- sur- Loire pour finir à Drancy.

D’ailleurs Eluard lui rendit hommage à sa mort : « On a pu dire de lui qu'il fut non seulement poète et peintre, mais précurseur et prophète : son œuvre si diverse, où l'ironie laisse toujours transparaître la plus chaude tendresse et la sensibilité la plus fine, marque une véritable date dans la poésie française. » 

 

Ces deux romans

questionnent à la fois L’Histoire, en l’occurrence la guerre 39/45, et la place des poètes, leurs actes de résistance. Oui, lorsqu’il ne reste que la barbarie, la poésie est résistance à elle seule. Tout au long de notre lecture, nous sommes en tension, persécutés nous-mêmes, nous devenons juifs, fous, nous faisons partie de ceux qui ne comptent pas sinon comme des agneaux à sacrifier. L’imaginaire des deux romanciers nous fait affronter cet insupportable réel, elle nous transforme, on y est secoués, on y découvre une époque, la force de la conviction, un combat, et de quoi se nourrit une œuvre, comment elle se construit. On entre dans l’émotion par la grâce, la force des mots, on apprend, servis par deux écritures de grande qualité.

La rencontre avec les deux écrivains a été à cette aune. Passionnante.

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