Didier Daeninckx au Carré Baudouin



 

Entretien avec Didier Daeninckx

 

Il dit qu’il ne défend rien, mais, comme dans chacun de ses textes, Didier Daeninckx fouille les failles, toutes les failles de l’Histoire. Celles d’hier dont nous sommes modelés malgré nous, celles d’aujourd’hui que nous vivons et que nous espérons modifier un peu par nos mains par nos mots par nos cœurs, parce Didier daeninckxque l’Histoire est un ensemble de fictions dont notre histoire intime fait partie. A travers ses textes, Didier interroge le silence, il met à jour, il fait surgir de l’oubli jusque dans l’enfer des guerres, de l’injustice, du mépris quelques fois, cette brindille que nous sommes et qu’on nomme un homme. Et s’il parle de la sueur, de la peur,  des hommes brisés, du sang versé, il parle aussi des larmes, de la douleur des femmes, c’est rare.

Un homme « contre » qu’on écoute écoute, un peu plus éveillés de notre quotidien, un peu plus solidaires, un peu plus fraternels, et on devient, tous, sans détourner le regard une seule fois, ce petit garçon têtu du plateau de Millevaches, debout devant la litanie des noms des disparus, qui lève une main, poing serré, pour souligner «Maudite soit la guerre » . Les oiseaux ne volent bien que contre le vent, disait Victor Hugo, la littérature aussi.

Le Roman noir de l'Histoire, nouvelles Editions Verdier